Cyril Tahon : « Renforcer la mise en confiance »
Entretien avec l'entraîneur national du sabre dames, Cyril Tahon, à 4 jours du début du Grand Prix d'Orléans, épreuve qualificative pour les JO de Londres.
À quelques jours du Grand Prix d'Orléans, comment sont les filles ? Pas de blessées ?Cyril Tahon : «
Après quelques blessures sans gravité mi-janvier, l'ensemble des filles est complètement opérationnel et tourné vers le Grand Prix d'Orléans ».
D'Orléans à Moscou, les sabreuses ont quatre compétitions pour se qualifier aux JO. Est-ce suffisant ?«
Suffisant ou pas la règle est là et inamovible ; en revanche nous devrons être au maximum sur chacune d'entre elle pour aller chercher nos quotas olympiques ».
La préparation à ces compétitions, toutes très importantes, est-elle différente dans le cadre d'une année olympique ?«
Dans le cadre d'une saison non-olympique, certaines épreuves programmées sont moins importantes que d'autres et permettent de réaliser des tests, des essais, pour se préparer à des épreuves plus importantes. Au contraire dans une saison olympique, et peut-être davantage dans le cadre de sélection uniquement en individuel, chacune des compétitions réalisées revêt un enjeu très important voire crucial ; la gestion du stress face à une pression compétitive répétée ainsi que le maintien de la motivation, notamment après une épreuve difficile, sont des éléments sur lesquels nous devons être encore plus vigilants ».
Au mieux, il y aura 2 Françaises dans l'épreuve individuelle des JO de Londres. Comment gère-t-on cela lorsqu'on entraîne 12 filles ?«
Certes, il y aura deux Française au maximum au J.O., cependant pour chacune des athlètes du groupe, des sélections en équipe de France sont à conquérir et ce pour des épreuves de grande importance tel que le championnat du monde par équipe, les championnats d'Europe individuel et par équipe ainsi que pour les juniors les championnats d'Europe et les championnats du monde ; ce qui doit donner au quotidien de l'ambition et de l'envie ».
Pour le GP d'Orléans, en prenant en compte ce que vous observez à l'entraînement, quelle Française tient la corde pour réaliser une bonne compétition ?«
Ce que je vois à l'entraînement c'est de l'envie, de l'agressivité positive, du charisme donc j'ai envie de répondre toutes ».
Le Grand Prix d'Orléans réunit quelque 5000 personnes lors des phases finales au Zénith. Ce soutien du public est-il un atout ou une pression pour les Françaises ?«
Une compétition qui valorise autant les athlètes et l'escrime dans son ensemble et qui de plus se déroule en France ne peut être qu'un atout. Le public aide en partie à faire de la pression un moteur ».
Les Américaines et les Russes dominent le sabre mondial. Que pouvez-vous mettre en place pour que nos sabreuses les battent plus souvent ?«
On les étudie à la vidéo, on extrait les actions typiques et répétées que chacune d'elles effectue. On repère par le biais de match où elles ont été mises en difficulté, les situations où elles sont moins à l'aise, plus vulnérable. Cependant, outre cet outil, pour battre les Américaines, les Russes et les autres, il faut que chacune des sabreuses françaises croient en leurs compétences et les exploitent à 100% ; nous devons renforcer la mise en confiance et les certitudes à l'approche de ces matchs ».
L'idée de stages à l'étranger et notamment aux USA ou en Russie vous semble-t-elle bonne afin d'en apprendre un peu plus sur ces championnes ?«
C'est forcément une excellente idée il faut cependant arriver à faire coïncider les calendriers de préparation pour y parvenir, ce qui n'est pas toujours facile ».
La sélection pour Orléans ne comporte que 12 titulaires. Combien de remplaçantes peuvent espérer être prises pour compléter le tableau et comment sont-elles choisies ?«
Tout dépendra de l'effectif pour le complément dans les poules. Je pense entre 3 et 5 mais j'espère davantage ».
Cyril Tahon, aurons-nous deux sabreuses françaises dans l'épreuve individuelle des JO de Londres ?...«
Nous donnons, les athlètes, le staff, la commission chaque jour le maximum pour atteindre cet objectif. J'ai confiance dans les athlètes et dans leur capacité à relever les défis... »
Propos recueillis par DGPhoto - Icon Sport
Les titres au sabre dames▪ 2 titres mondiaux individuels (A.L Touya – Nîmes 2001, Leipzig 2005)
▪ 1 titre européen individuel (A.L Touya – Funchal 2000)
▪ 2 titres mondiaux par équipes (Turin 2006, St-Petersburg 2007)
▪ 2 titres européens par équipes (Zalaegerszeg 2005, Gand 2007)
Les épreuves sélectives du sabre dames▪ 10-11 février : Coupe du monde individuelle (GP) d'Orléans (France)
▪ 25-26 février : Coupe du monde individuelle et par équipes de Londres (Grande-Bretagne)
▪ 10-11 mars : Coupe du monde individuelle et par équipes d'Antalya (Turquie)
▪ 17-18 mars : Coupe du monde individuelle (GP) de Moscou (Russie).