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FFE > Composition

Christian Peeters définit son programme

06/05/2013 Imprimer

 

Christian_Peeters

Nommé DTN à 59 ans, Christian Peeters est un homme du sérail, car il est entré dans toutes les cases de la vie fédérale, au long d'une carrière qui a débuté en 1976, par la maîtrise d'armes (en même temps qu'une licence es lettres). Sabreur en équipe de France (juste avant la génération Lamour), entraîneur de l'équipe championne olympique à Athènes, CTR, formateur (à Chatenay Malabry), DTN adjoint chargé du développement, le voici donc à la tête (technique) d'une Fédération qui a marqué les esprits par son zéro médaille de Londres. Il développe ici son parcours et ses grands axes de travail.

 

L'escrime, pour vous, a commencé comment ?

« J'habitais aux Andelys, en Normandie, où se trouvait une école militaire, au sein d'une garnison, avec salle d'armes. Le maître d'armes était le maître Soupizet, l'un des grands maîtres de l'histoire de l'escrime française. J'avais neuf ans et j'ai donc commencé. Le maître donnait la leçon aux trois armes, mais j'ai tout de suite été attiré par le sabre, alors que, dans la salle, il y avait un prodige à l'épée, Jacques Brodin. »

 

 

Ça vous a tellement plu que vous avez passé la maîtrise d'armes...

« J'ai, parallèlement, obtenu ma licence es lettres, mais j'ai préparé ma maîtrise à l'INSEP, avec notamment Bauer, Quivrin. Alors, j'ai hésité entre l'enseignement littéraire et l'art des armes. Mais, curieusement, je me suis retrouvé directeur des sports de la ville de Gisors et j'y suis resté treize ans. Pourquoi Gisors ? Parce que, avec le départ du maître Soupizet, la salle des Andelys avait périclité et que nous avons créé une nouvelle structure à Gisors. J'ai donc côtoyé les collectivités locales, territoriales, de même que, lorsque je fus CTR en Haute Normandie, j'ai travaillé avec Mme Fourneyron, aujourd'hui ministre des Sports. »

 

 

A la fin des années 70, vous intégrez l'équipe de France de sabre.

« Oui, mais à l'époque le sabre n'était pas bien considéré. On changeait sans cesse d'entraîneur national. A tel point que Jean-François Lamour a songé arrêter. Il a fallu l'arrivée du Hongrois Szepesi fin 81 pour que ça démarre vraiment. Szepesi est un maître d'armes exceptionnel qui a inculqué aux tireurs, aux entraîneurs, des méthodes révolutionnaires, mais basées avant tout sur le travail. Il était très dur. Comment aurait-on pu imaginer que des équipes de France seraient championnes olympiques (2004, 2008) ? »

 

 

Transition toute trouvée : comment expliquez-vous l'échec de Londres ?

«Je pense que, globalement, nous n'avons pas bien préparé les Jeux, il y a eu des tensions dans certaines équipes. Et n'oublions pas que notre fleuron, l'épée par équipe, n'était pas au programme des Jeux. Nous savons que, pour notre sport, nous avons besoin d'une vitrine attrayante. Alors, repositionnons-nous. Il faut redonner de l'envie, trouver une nouvelle cohésion dans les équipes, élever l'intensité du travail. »

 

 

Vous venez d'être nommé fin avril, la saison est bien entamée, de même que la préparation olympique, n'est-ce pas un handicap ?

« Rassurez-vous, tout le monde travaille depuis septembre. Les entraîneurs ont été confirmés ou nommés par Eric Srecki, mon prédécesseur. Et ce n'est pas de ma faute si l'Assemblée générale élective s'est tenue si tard... »

 

 

Pourquoi avoir choisi de vous placer derrière Isabelle Lamour ?

« J'ai beaucoup de complicité avec Isabelle. J'aime sa franchise, sa spontanéité, son investissement. Et puis c'est une femme. Je suis pour la mixité, j'en reparlerai. »

 

 

Comment avez-vous composé votre garde rapprochée ?

« J'aurai trois adjoints : Michel Salesse (qui était CTR de Midi Pyrénées) en charge du haut niveau et de la vie sportive, directeur des équipes de France ; Jean-Pierre Philippon (qui était CTR de France Comté), en charge de la formation, de l'emploi et du développement ; Didier Leménagé (qui était CTR d'Aquitaine) en en charge de la politique des zones. »

 

 

Commençons par le haut niveau...

« Je désire qu'il y ait mixité au sein de l'arme. Chaque arme dispose de deux entraîneurs nationaux pour les hommes et de deux pour les femmes. Je veux qu'ils travaillent ensemble, pour définir la politique de l'arme, sous la responsabilité de l'un d'entre eux (Boidin au fleuret, Guichot au sabre, Obry-Néjus à l'épée). Cela va amener de la cohésion aux groupes. Et chaque athlète pourra s'entraîner avec quatre entraîneurs au lieu de deux. En outre, quand l'une des deux armes partira en Coupe du monde, ceux qui ne sont pas sélectionnés pourront s'entraîner avec les maîtres d'armes de l'autre. Nous allons aussi renforcer la mixité dans les pôles France juniors (et ce après une journée à l'INSEP le 15 mai). Par exemple, est-il logique qu'un fleurettiste garçon qui habite à Aix en Provence aille au pôle de Wattignies, à 800 km de chez lui, alors qu'il y a un pôle (certes filles) à Aix en Provence ? »

 

 

– La préoccupation n'est-elle pas également de resserrer les mailles du système au niveau interrégional ?

« Tout-à-fait. Nous voulons créer des pôles de détection, d'entraînement et de formation à l'échelle des zones. Pour ce faire, des journées d'études seront organisées du 21 au 23 mai, afin de redéfinir le découpage des zones (de neuf à onze) ; aujourd'hui elles sont trop peu nombreuses, ce qui oblige à des déplacements extrêmement coûteux et fatigants. L'idée est de définir un lieu, soit pour les trois armes, soit arme par arme, dans chaque zone, et dont le budget de fonctionnement serait assuré pour un tiers par la Fédération, pour un tiers par les ligues concernées, pour un tiers par les collectivités locales. »

 

 

Et puis, autre grand chantier : la formation de maîtres d'armes.

« Nous n'avons plus d'école de maîtres d'armes : Antibes, Dinard, Chatenay Malabry ont disparu. Et, cause à effet : depuis 2005, le nombre de licenciés n'a pas augmenté, parce que nous n'avons pas assez de structures d'accueil. La rénovation des diplômes d'Etat nous a posé problème, car nous avons voulu trop bien faire. Il faut revenir à plus de simplicité. D'abord ne pas se priver de la compétence de gens qui ne sont pas maîtres d'armes, mais qui ont envie d'enseigner deux à quatre heures par semaine, je pense à des retraités. Pour ceux-là, le brevet professionnel. Ensuite, possibilité de passer la Certification de Qualification Professionnelle qui, après 160 heures de formation, donne droit à rémunération. La clé du développement est de se rapprocher des gens qui veulent faire de l'escrime, mais ne le peuvent pas faute d'encadrement. »

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