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FFE > Composition

La relève se prépare !

13/12/2013 Imprimer

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Frank Berthier a pris la responsabilité  de la coordination du haut-niveau des jeunes depuis le début de la saison. Il revient sur son parcours, ses missions actuelles et les objectifs qu’il souhaite atteindre pour mener à bien son rôle.

Portrait.

 

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

F. B. : «Je suis dans l’escrime depuis ma naissance, il y a 55 ans. Mon père était maître d’armes (formé à l’école d’Antibes) et cadre technique de la fédération dès 1969 (CTR de la Région Centre).

Alors naturellement j’ai commencé à pratiquer ce sport très jeune, d’abord au fleuret, puis au sabre et rapidement j’ai eu de bons résultats. En 1977, j’ai intégré les Equipes de France et le premier sport études escrime qui a été ouvert à l’INSEP. De 1977 à 1984, j’ai donc été athlète de haut-niveau et j’ai participé aux compétitions internationales en junior, puis en senior. Dans le même temps je suis devenu arbitre (aux 3 armes). A la fin de ma carrière d’athlète, j’ai continué l’arbitrage, si bien qu’au total j’ai eu la chance de participer à 10 championnats du monde et 3 Jeux Olympiques.

Devenu instituteur, en parallèle, j’ai passé mes diplômes de maître d’armes (promotion 84-86) et je suis devenu entraîneur du club d’Orléans.

Puis en 1994, à la retraite de mon père, le DTN Claude Leclercq m’a proposé de prendre sa succession. En qualité de CTR de la Région Centre, j'ai travaillé en parfaite collaboration avec les Présidents de Ligue. En 1998 nous avons initié une section sportive scolaire dans un lycée orléanais nouvellement créé. Dans le même temps, le sabre dames était reconnu discipline de haut-niveau et le DTN qui était alors Philippe Omnès a souhaité ouvrir, en 2002, un pôle Espoirs mixte au sabre à Orléans. Il m’en a confié la responsabilité.

Ce pôle est devenu exclusivement féminin à partir de 2006, la mixité qui est actuellement à l’ordre du jour, avait donc été d’ores et déjà expérimentée ! Aujourd’hui, je suis professeur de sport, CTN, placé auprès de la FFE.»

 

Comment et pourquoi êtes-vous devenu Coordinateur des équipes jeunes ?

F. B. : «Après 8 ans comme CTR, 11 ans au pôle d’Orléans et à l’encadrement des équipes France de sabre cadets et juniors (masculins 2002/2006 ; féminines 2006/2011), avec les changements de Présidence et de DTN intervenus la saison passée, c’était pour moi, le moment de relancer une certaine forme de motivation et de pouvoir faire évoluer mes missions. Christian Peeters m’a proposé de prendre en charge le haut-niveau des jeunes, avec pour missions principales :

- la coordination des pôles France Jeunes et du pôle Antilles-Guyane

- la direction des équipes de France Jeunes

- des missions transversales sur la vie sportive sous la direction de Michel Salesse

- l’accompagnement des CREFED (Centres Régionaux d’Entraînement, de Formation et de Détection) sous la direction de Didier Leménagé

- les relations avec la FFSU (Fédération Française du Sport Universitaire).»

 

Quels sont vos objectifs pour cette mission ?

F. B. : «Dans un premier temps, il m’a semblé utile de faire un état des lieux pour ensuite pouvoir accompagner au maximum mes collègues et toutes les personnes concernées par ce sujet. Il faut coller au plus près au programme de la politique fédérale et aux directives techniques nationales. Je souhaite faire avancer les idées sur la mise en place d’une véritable politique de jeunes. Cette ambition répond au désir de retrouver un niveau de performance encore supérieur à celui d’aujourd’hui.

J’aimerais également que les spécificités de chaque arme soient prises en compte et que l’échange et la collaboration soient au cœur du système avec l’INSEP d’une part, et les clubs d’autre part.

Certes, la priorité ce sont les Equipes de France seniors et les médailles olympiques de Rio, mais cela doit se faire sans que la relève en pâtisse, sans qu’il n’y ait de «génération sacrifiée». En période de crise économique, cette politique n’est évidemment pas facile à mener. Il s’agit aussi de préparer nos futurs médaillés de Tokyo et une partie de l’avenir de l’escrime française.

Enfin, au niveau de la vie sportive, je souhaiterais convaincre de «l’utilité» et de la nécessité à promouvoir les rencontres par équipes pour nos jeunes. Cela, en veillant à la refonte du futur calendrier sportif qui devra être harmonieux et permettre aux athlètes, enseignants, dirigeants, arbitres, organisateurs et familles de «respirer» davantage.»

 

Que pouvez-vous nous dire de la préparation actuelle des jeunes en pôle et en dehors ?

 

F. B. : «La préparation se fait avec un certain nombre de personnes qui accompagne les athlètes, plusieurs acteurs participent à l’encadrement des sportifs. L’escrime est un sport individuel, mais elle se pratique collectivement. Il n’y a pas de réussite sans le travail de tout un groupe. On trouve d’abord dans les clubs, des intervenants indispensables à la base, comme les maîtres d’armes, les dirigeants, les parents d’élèves… Et ensuite, en pôle, s’ajoutent des acteurs intégrés aux structures, comme le staff technique, le staff médical et paramédical ou l’équipe éducative avec horaires scolaires-universitaires aménagés… En général, les équipes qui entourent les athlètes s’élargissent lorsque le niveau des athlètes augmente, comme une pyramide inversée.

Je tiens à préciser que 86 athlètes ont intégré les pôles  France Jeunes et le pôle Antilles Guyane cette saison sous la direction de 7 cadres techniques permanents. L’équipe est composée  par les « expérimentés » que sont : Jean-Loup Boulanger à Wattignies, Lionel Plumenail à Aix-en-Provence, tous deux pour le fleuret, Sébastien Barrois à Reims et Jean-François Di Martino à Bordeaux pour l’épée  ainsi que  Patrice Carrière à l’épée et au fleuret pour le pôle Antilles-Guyane. Nous  accueillons 2 nouveaux cette année : Gildas Grenier à Orléans et Pierre Mione à Tarbes qui sont en charge du sabre.

Nous n’avons pas à rougir de nos résultats dans les catégories jeunes au regard des années précédentes, mais il faut par contre progresser dans les échanges avec les seniors et les nations étrangères. Il est essentiel de réussir à «intégrer en douceur» les jeunes dans les équipes seniors, car  c’est un cap difficile à passer pour eux. D’autres nations sont plus efficaces en ce domaine. Nous devons réfléchir, chercher et débattre tous ensemble sur ce sujet pour faire avancer les choses.»

 

Que pensez-vous de ce début de saison ?

F. B. : «Nos jeunes font un très bon début de saison dans la lignée des précédents. J’ai pu les voir à l’œuvre à Meylan pour le sabre, à Grenoble et Chalons en Champagne pour l’épée et à Cabriès, la semaine dernière, pour le fleuret. Il y  a eu des podiums dans toutes les armes en cadets et en juniors. Depuis le début de saison, cela représente 1 victoire et 18 podiums pour nos Equipes de France Jeunes aux 6 armes en Circuit européen cadets et Coupe du monde juniors.

Les bons résultats sur les épreuves de début de saison sont intéressants, ce sont des indicateurs temporels, mais le «vrai juge de paix» sera les résultats lors des grands rendez-vous de nos catégories jeunes : les championnats du monde et les championnats européens. Il faut retrouver un niveau de performance plus homogène et améliorer notre rang des nations sur ces championnats.»

 

Quelles sont les prochaines étapes importantes et vos attentes pour la suite ?

F. B. : «Evidemment, les prochaines étapes sont ces deux compétitions majeures que je viens de mentionner. Je suis impatient  de voir nos jeunes s’exprimer à leur meilleur niveau et  nous donner l’occasion d’entendre la Marseillaise. Si nous sommes très performants chez les cadets, alors, « cerise sur le gâteau », nous pourrions obtenir  des sélections aux 2èmes Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing, en août 2014.

Le projet du pôle Antilles-Guyane que la DTN souhaite labelliser comme pôle France, est également à suivre. Depuis de nombreuses années beaucoup d’athlètes sélectionnés en Equipe de France sont originaires des DOM-TOM, ce sont ainsi de véritables terres d’escrime. A l’heure actuelle, la pratique du sabre dans les DOM-TOM est beaucoup trop confidentielle. Aussi, développer cette arme sur place, sera un des challenges à relever.»

 

Merci à Frank Berthier et rendez-vous donc pour les prochaines compétitions du circuit européen cadet et pour les coupes du monde juniors : la dernière épreuve sélective qui sera disputée avant Noël, est la Coupe du Monde Juniors Epée Dames (CMJ ED) à Laupheim (GER) le samedi 14 décembre 2013.

Et retrouvez aussi les Equipes de France Jeunes lors des grands événements de la saison : les championnats d’Europe à Jérusalem du 23 février au 4 mars 2014 et les championnats du monde à Plovdiv du 3 au 12 avril 2014.

 

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