S'inscrire à la newsletter Accéder à l'extranet RSS

Vie du club > Créer / Gérer un club

Yves Ghiaï, Président du premier club d'escrime Grand Cercle à San Francisco

11/06/2014 Imprimer

 DSC00804-2.jpg

Dans le cadre du projet de partenariat avec les lycées français à l’étranger, le premier club d’escrime hors France vient d’être affilié à la FFE qui eu égard à cette ouverture propice à son rayonnement à modifier ses statuts en conséquence  en Assemblée Générale. Il s’agit du club d’escrime dénommé Grand Cercle, situé aux Etats-Unis, en Californie, à San Francisco.

Entretien

C’est à l’initiative de monsieur Yves Ghiaï (Yves Farhad Khan Ghiaï de Chamlou), son président-fondateur, escrimeur passionné formé à l’école française et architecte de profession, que les lycéens appartenant au Grand Cercle font désormais partie de la FFE, du pays du berceau de l’escrime, empreint d’histoire et traditions, fédération nationale la plus importante en nombre de pratiquants.  

Cet homme au parcours hors du commun nous explique comment et pourquoi il a souhaité que son club soit rattaché à la FFE et nous précise sa passion pour l’escrime de tradition française.

D’origine belgo-iranienne, comment avez-vous été initié à l’escrime ?

Yves Ghiaï : « Mon père, issu de l’une des grandes familles d’Iran et ma mère de la Russie tsariste exilée en Belgique souhaitaient donner à mes frères et moi-même la meilleure éducation, avec des apprentissages basés sur le travail du corps et de l’esprit : « Mens sana in corpore sano ». La maxime bien connue résume la formation que nous avons reçue. J’ai ainsi commencé l’escrime à l’âge de 8 ans, mais pas seulement : j’ai également suivi des cours de tennis et d’équitation. Mais c’est à cette époque que m’est venue la préférence d’abord puis la passion ensuite, pour l’escrime ; et bien que j’ai interrompu sa pratique pendant plusieurs années, après, j’ai repris le chemin de la salle à l’âge de 16 ans au Cercle Foch à Paris et ce fut – à un tout autre niveau - la rencontre avec le maître Oprendek. »

Pourquoi cet attachement, que pensez-vous que l’escrime vous ait apporté dans votre vie ?

Y. G. : « L’escrime m’a appris la rigueur, le travail et la discipline. Ce sont des valeurs fortes qui m’ont aidé tout au long de ma vie. Dans ma carrière ces notions ont trouvé une place de choix. J’ai acquis par exemple la possibilité de mettre en place des stratégies ; en tant qu’architecte cela s’est révélé primordial pour obtenir le soutien d’audiences non nécessairement acquises à ma cause et à mes réalisations. Ma capacité à défendre mes projets devant des clients, des institutionnels, des financeurs, me vient de l’assurance obtenue grâce à l’escrime. Dans ma vie professionnelle je compare également souvent mon crayon à mon arme, ces deux objets sont le prolongement du corps, des pièces étrangères à maîtriser qui permettent de transmettre une pensée, une intention. En cela l’escrime est intiment liée à mon parcours. »

Plus largement que pensez-vous que l’escrime puisse apporter à tout à chacun ?

Y. G. : « Selon moi l’escrime n’est pas uniquement un sport, c’est un véritable mode de vie. C’est un outil pédagogique permettant de former les esprits, un principe pour toute une vie. La discipline requise par l’escrime ainsi que ses valeurs doivent être respectées dans la vie de tous les jours. Ce sport offre une vraie richesse pour quiconque la pratique. »

Votre club vient d’être affilié à la FFE, pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

Y. G. : « Comme je viens de vous le préciser, l’escrime tient plus d’une philosophie que d’une simple pratique, j’ai ainsi souhaité partager ma vision en créant il y a maintenant quelques années un club d’escrime au sein du Lycée Français de San Francisco. Mon objectif était de pouvoir transmettre l’enseignement rigoureux reçu, en référence à la lignée des grands maîtres d’armes d’escrime. J’ai d’abord souhaité retrouver le maître Jean-Michel Oprendek qui avait donc été mon maitre d’armes en France au Cercle Foch, qui m’a tant appris, donné, et inspiré au point de ne jamais oublier son enseignement par la suite. Je voulais qu’il ait sa place dans ce projet de club dont les fondations reposent davantage sur une volonté d’éduquer les esprits par la vertu d’un apprentissage structurant, de développer le plaisir voire la passion d’apprendre, plus que de former des compétiteurs. La place de la culture française dans la formation que je mène au sein de ce club est primordiale, l’imaginaire chevaleresque profondément ancré dans l’escrime est ainsi dispensé. Par exemple, les escrimeurs et escrimeuses sont soumis à un code de valeurs qu’ils doivent respecter et à terme, ils sont alors adoubés chevalier et chevalière, en titre et qualité. Le courage, l’entraide, l’hommage et le respect dus aux dames, à l’adversaire, le sens de l’honneur, la générosité, l’honnêteté, toutes ces qualités de droiture et de bon comportement, sont inclus dans la technique et la pédagogie que j’enseigne, en principes associés par le verbe, des jeux de rôle et des scénettes adaptées. Ces notions  font partie des préceptes qu’ils doivent suivre, inscrits qu’ils sont dans la lignée d’un romantisme français, où l’élégance ne l’aura cédé en rien au respect de la règle. Et pour moi l’enseignement de l’escrime fait partie des courants de pratique qui ont permis de développer un esprit dans l’imaginaire de l’Histoire de France, une aptitude à associer un comportement noble à celui du maniement des armes.

Dans les lycées français la scolarité est assurée des classes de maternelle à celles de la terminale, l’apprentissage de l’escrime est proposé aussi bien aux plus jeunes qu’aux adolescents et le tout en langue française. Nous avons maintenant 60 licenciés. L’escrime, dans l’éducation des enfants et des jeunes est très bien perçue, les parents ont compris l’intérêt formateur de ce sport. De plus, pratiquer l’escrime peut favoriser l’entrée des élèves dans les grandes universités américaines, souvent à la recherche d’étudiants brillants psychologiquement et physiquement ; à cela s’ajoutent les bases de la culture française qui est reconnue et admirée à l’étranger.»

L’image du maître d’arme semble importante dans vos propos, que représente-t-elle ?

Y. G. : « Effectivement, je crois que la relation entre le maître d’armes et son élève est très forte. Elle est semblable à un maître avec son disciple. On peut sentir le fer, l’émotion entre le maître et l’élève.

Cette relation s’apparente également à une relation entre un père et son fils, qui promulgue des conseils pour et dans la vie, la relation est durable avec un lien affectif authentique lorsqu’au-delà de la pratique, fusionnent les personnalités.

Pour ma part, le maître qui m’a transmis cette perception, cette vision aussi, est le Maître Oprendek. Ce fut un apprentissage difficile, au plastron d’un pédagogue qui avait les mots, d’un perfectionniste, et c’était un technicien exigeant quant au bon geste. Les bases placées, venait alors le rythme dans la réalité de l’assaut : l’entraînement. C’étaient des leçons structurées, éprouvantes, mais toujours accompagnées d’explications et de démonstration. Il fallait comprendre, participer, et c’est çà pour moi l’enseignement de l’escrime à la française. Je l’ai reçu en tout bénéfice et je l’en remercie. »

Vous avez monté votre club d’escrime depuis quelques années déjà, pourquoi avoir décidé seulement maintenant de l’affilier à la FFE ?

Y. G. : «  En fait, à l’avènement de la nouvelle équipe de la FFE, j’ai émis le souhait, de prendre contact avec elle pour lui faire part de mon projet. C’est ainsi que grâce au maître Oprendek j’ai fait la connaissance de la Présidente Isabelle Lamour et son ouverture d’esprit a fait naître beaucoup d’espoirs en moi, son ouverture m’a incité à croire en sa faisabilité. Elle a compris l’intérêt de nouer des liens avec l’étranger et a accompagné mon ambition dans ce domaine. J’admire sa vision internationale de l’escrime.

Ce réseau de lycées français à l’étranger représente de formidables possibilités pour l’avenir avec un nombre important de clubs qui pourraient également y être rattachés.

Par la suite j’aimerais que les clubs d’escrime à l’étranger affiliés à la FFE, puissent venir en France pour des entraînements communs et des grands rassemblements avec pour socle l’échange.

Un second projet me tient à cœur à plus long terme avec le Ministère de l’Education Nationale : créer une épreuve d’escrime au baccalauréat. Dans les lycées de France, les élèves peuvent passer leur baccalauréat dans des disciplines asiatiques (judo, karaté) ; dans des disciplines anglaises (rugby, tennis, tennis de table) ou américaines (basket-ball). En revanche ils ne peuvent pas passer d’épreuve d’escrime qui est un sport typiquement français, dont le véhicule international est la langue de Voltaire que pratiquent tous ces élèves quelle que soit leur nationalité. C’est un non-sens ! Il  faut se battre pour cela et je mène ce combat au sein du lycée français de San Francisco. »

 

Quelques informations édifiantes sur le président de club Yves Ghiaï :

Il a été reçu membre de l'Académie d'architecture à Paris.

Fils d’architecte, lui-même architecte après avoir fréquenté les meilleures écoles de France et des Etats-Unis, son savoir-faire est reconnu avec des œuvres érigées à de nombreux endroits du globe.

Depuis 1982, Yves Ghiaï n’a eu de cesse de développer son activité, en créant plusieurs entreprises.

Professeur d'architecture au Fashion Institute of Design & Merchandising (en) et à l'Université de Berkeley, conférencier au California College of the Arts (en), il a été publié dans plus de trente revues.

Il a été honoré par Willie Brown Jr. (en), maire de San Francisco, qui a proclamé le 26 octobre « journée Ghiaï » à San Francisco.

 

Plus d’informations :

Site internet du Grand Cercle

Page Facebook du Grand Cercle

Télécharger un extrait du règlement du Grand Cercle : Règlement GC.pdf

 

Quelsques illustrations du Grand Cercle de San Francisco :

cca.jpg

1237951_10151801164458827_1984255695_n[1].jpg

1049020_10151456820151196_1139489281_o[1].jpg

escrime31.jpg

Copy of escrime14.jpg

 

Soirée en l'honneur du Président et fondateur du Grand Cercle, Yves Ghiaï à l'Assemblée Nationale, en présence d'Isabelle Lamour, de Jean-François Lamour, de Jean-Michel Oprendek, de Christian Peeters, d'Alain Varille, de Jean-Pierre Philippon notamment :

IMG_1364-2.jpg

IMG_1371-2.jpg 

 

Yves Ghiaï, pendant l'une de ses leçons avec le maître Jean-Michel Oprendek à Paris au LPR en avril 2014 :

DSC00817-2.jpg

DSC00804.JPG

 

 

 

La Fédération, Actus générales 5074 lectures