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Le bulletin Inform' AEIF de janvier 2016 est sorti

26/02/2016 Imprimer

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Nous voilà entrés dans une année olympique et ce compte à rebours qui s’arrêtera le 5 août  à l’ouverture des JO de Rio nous parle car nous, Amicale des Escrimeurs Internationaux français, y sommes viscéralement attachés et toujours concernés. C’est ainsi que votre Comité directeur et moi vous souhaitons ainsi qu’à toute la famille de l’escrime engagée,                                                                                                                                                                                                                                                            

                                                                               UNE BONNE ANNEE 2016,

que nous espérons de succès pour nos équipes de FRANCE olympiques et la FFE, notre Fédération nationale, à ces 1er JO organisés par le Brésil ; une année surtout où il convient de nous souhaiter mutuellement d’avoir la santé en deçà de toute forme ; une année qui soit apaisée où les satisfactions seront au diapason de notre culture, celle qui fait que le sport est un art de vivre comme l’est l’escrime dans cette expression la plus aboutie que tout international a vécue et qui perdure.       

Sportifs, escrimeurs, gens de réflexion et de cœur, nous ne saurions  aborder cette nouvelle année sans avoir une pensée émue pour celles et ceux touchés par l’indicible qui s’est produit en janvier et novembre dans notre pays. A cet égard il y aura un avant et un après 2015 dans la France du 21ème siècle. Espérons que c’est le pire qui s’est passé. Ayons aussi une pensée pour ceux des nôtres sportifs, grands champions populaires et si attachants qui ont disparu dans cet inconcevable accident d’hélicoptère en Argentine : Florence ARTHAUD, Camille MUFFAT et  Alexis VASTINE. Et nous aurons, nous, une pensée pour le magnifique champion et très grand épéiste que fut notre ami Jacques BRODIN qui vient de nous quitter.

Notre amicale vient de basculer dans sa 41è année d’existence. En termes de recrutement et d’échanges entre clubs, comme annoncé, nous nous sommes positionnés : ainsi le Grand Cercle de San Francisco et celui de Monaco vont se jumeler. Reste que nous sommes convenus au CD de décembre d’engager une réflexion de fond susceptible de changements sur lesquels vous serez invités à vous exprimer. Les conclusions ultimes  étant soumises à notre démocratie, à noter que nos AG et AGE annuelles auront probablement lieu le samedi 9 avril dans la cité de Jacques Cœur à BOURGES, à l’occasion des Championnats du Monde Cadets-Juniors, ce grand rassemblement des jeunes talents de la planète escrime.  

Pour ce qui est de nos jeunes pousses en devenir, grâce à l’excellent  travail de repérage effectué sur dossiers par notre Commission des Jeunes sous la houlette de Sylvia SERRI, ce sont 6 bourses qui ont été attribuées en 2015. Ces aides sont l’action qui a le  plus de sens en termes de contribution de notre Amicale. Associées aux nôtres, la FISF nous en aura accordé 3 cette année et avec celles de nos généreux donateurs, la Commission aura pu concrétiser ses choix.     

Après l’échec de LONDRES, nous avions exprimé notre confiance en la capacité de nos équipes nationales à relever la tête avant que ne s’installe un éventuel syndrome. C’est chose faite. Au cours de cette olympiade nos représentants ont retrouvé le chemin des podiums et obtenu des titres. Un état des qualifications actuelles nous est donné par Eric SRECKI.   

Notre week-end 2005 prévu à Calais a du être annulé pour insuffisance de participants, mais je tiens à rendre ici un hommage appuyé à Claire LEFRANC pour la remarquable organisation qu’elle avait prévue et les efforts qu’elle a déployés pour tenter de s’adapter aux circonstances, allant jusqu’à en déplacer la date. C’est le sort et seulement le sort qui en a décidé autrement. Merci pour ton investissement et ta pugnacité Claire, ainsi que pour l’élégance de ton attitude à l’issue. Comme vous venez d’en être informés, c’est donc Lausanne, organisé par Gilles VAUCELLE qui pour 2016 vous est proposé.      

Relevons enfin au chapitre des joies et des satisfactions, l’élévation au rang de Gloire du sport français de Jack GUITTET au titre de sa carrière sportive, en parallèle avec celle de dirigeant et du brillant scientifique qu’il a été. C’est le maître Jean COTTARD, avec la facilité oratoire et la chaleur qu’on lui connaît, qui aura fait son panégyrique. Il le fit en présence de Gérard LEFRANC qui fut un des talentueux équipiers de Jack, des fils de ce dernier et de la famille de l’escrime. Nous étions  en nombre au CNOSF au milieu de la représentation du sport français. Organisée par la FISF ce fut une belle cérémonie.        

Notre foi dans les valeurs que véhicule notre sport et ses capacités reste intacte. Les escrimeurs sont de ceux qui résistent. L’espérance de voir revenir un jour chez nous, le plus grand rassemblement du Monde où 205 Nations sont capables de s’affronter pacifiquement, est au bout de ce ¼ de siècle. Elle a pour nom PARIS 2024. Après que le célèbre baron ait été le tenace artisan de leur rénovation, que cela fera 1 siècle que la FRANCE ne les aura pas organisés, et dans une conjoncture internationale où l’avenir est incertain, PARIS et le pays des droits de l’Homme méritent bien de les accueillir ? On y croit.

Très amicalement à toutes et tous.

                                                                                                                                                               Jean-Michel OPRENDEK

 

 A QUOI CA TIENT UN TITRE ?

       TOKYO  Jeux Olympiques de 1964  

                                

Du 10 au 24 octobre 1964 ce sont 5.588 athlètes dont 723 femmes représentant 94 nations qui participent aux jeux Olympiques de TOKYO. La France s’y classera à la 22è place avec 15 médailles : 1 d’or, 8 d’argent et 6 de bronze. Une seule médaille d’or obtenue par un athlète dont le nom résonne en nous comme une légende : d’ORIOLA, sauf que ce n’était pas notre Christian mais son cousin, Pierre-Jonquères, le cavalier, seul champion olympique français de cette édition qu’il a remportée en sauts d’obstacles monté sur Lutteur B son bai brun normand. Chacun sait que le classement des pays se fait en comptant dans l’ordre les médailles d’or, d’argent et de bronze, aussi la France a-t-elle jamais été en capacité d’avoir un meilleur classement à ces JO ? Objectivement l’escrime peur répondre OUI à cette question car deux titres perdus à un souffle près, est inscrite pour nous dans les pages de notre histoire, à la pointe d’un fleuret capricieux et du tranchant trop pressé d’un sabre.  

Finale de fleuret masculin : Jean-Caude MAGNAN entame l’ultime assaut qui doit le mener au titre contre le polonais Egon FRANKE. Il est champion du monde en titre en 1963, avant les JO, il le sera à nouveau après, en 1965. Jean-Claude domine totalement le match. Mais…, mais il tire manifestement avec une arme défectueuse : son fleuret n’allume qu’une fois sur deux. Le DTN maître Jean COTTARD qui était son entraîneur aussi, fait interrompre le match à deux reprises - c’était possible sans carton à l’époque – lui demandant de changer d’armes. Et Jean-Claude de s’entêter, lui signifiant qu’il finirait  son match avec ce fleuret et pas un autre. Résultat : il perd le titre olympique sur deux ripostes que l’appareil n’enregistre pas et prend deux remises qui sonnent le glas de ses espérances et celles du camp français.

Ce match surréaliste, si le diable en rit encore, l’investissement qui  fut le leur, les sacrifices ensemble consentis, la qualité et la quantité du travail réalisé par ce couple entraîneur-entraîné exemplaire et fusionnel, le maître COTTARD, lui y pense toujours avec regrets. Quant à Jean-Claude, je citerai la réponse surprenante qu’il fit récemment à Jean-Jacques BENA qui lui disait combien il devait le regretter encore aujourd’hui : « Non. Si je n’ai pas gagné ce jour là c’est que je ne le méritais pas. » Respect !, pour cette conclusion monsieur MAGNAN et merci pour ce qu’elle invite nos champions d’aujourd’hui et les futurs à méditer.

Finale du sabre : c’est la deuxième la deuxième médaille d’or que nous aurions dû avoir dans la logique d’échanges qui s’étaient développés entre les deux ténors de la spécialité qu’étaient le français Claude ARABO et le hongrois Tibor PESZA en barrage pour le titre. Chacun n’a qu’une touche à mettre pour être champion olympique. PESZA attaque au flanc, Claude pare seconde et riposte à la figure à la volée sur le hongrois qui mesure 1m, 95 et…, et il passe au dessus de sa tête. PESZA remise et devient ainsi champion olympique.

Nous savons à quel point Claude ARABO qui nous a quittés depuis peu était un être exceptionnel. Le maître COTTARD habité des mêmes regrets pour les mêmes raisons que celles citées plus haut pour Jean-Claude, m’a dit et écrit à son sujet : « Tu ne peux pas savoir à quel point Claude était heureux avec cette médaille d’argent. Il n’aurait pas plus l’être plus s’il avait gagné l’or » Effectivement il acceptait autrement, lui, ce que dans la logique de quête de la plus haute marche du podium, on considère toujours comme une défaite : il n’avait pas perdu la médaille d’or, il avait gagné la médaille d’argent. La photo de Claude sa médaille autour du cou, avec ce sourire extrêmement rayonnant reflète autant l’image du grand champion que celle de l’homme accompli et du cœur généreux qu’il était.

Il en va ainsi de l’Histoire de l’escrime française qu’elle est émaillée de péripéties qui sont autant d’histoires de vie qu’elles le furent de faits d’armes. Ce sont là deux exemples parmi tant d’autres, mais forts et significatifs, ils défient le temps, nous autorisent à effectivement à mesurer à quoi ça tient un titre parce qu’au travers de ces incroyables dénouements vécus par Jean-Claude et Claude, c’est bien d’une aventure humaine et de la glorieuse incertitude du sport qu’il s’agit.

 

                                                                                                                 Jean-Michel OPRENDEK

                                         (texte élaboré sur la foi des témoignages du maître Jean COTTARD)

 …… 

     

Pour mémoire, sur les 15 médailles françaises, l’escrime en aura apporté le tiers (5), au cours de ces JO d’été au JAPON :  

Individuel :

2 médailles d’argent :

- Jean-Claude MAGNAN et Claude ARABO ;

1 de bronze :

- Daniel REVENU au fleuret masculin.  

Par équipe :     

2 Médailles de bronze :

- Jean-Claude MAGNAN,  Daniel REVENU, Christian NOEL, Pierre RODOCANACHI et  Jacky COURTILLAT au fleuret masculin ;

- Jack GUITTET, Yves DREYFUS, Jacques BRODIN, Claude BOURQUARD et Claude BRODIN à l’épée masculine.

 

 …… 

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