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L'escrime en Centre Educatif Fermé pour les mineurs

13/05/2014 Imprimer

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Educatrice à la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), Virginie Dias est aussi passionnée d’escrime et détentrice du BPJEPS Escrime.

Son travail s'oriente principalement vers des garçons mineurs de 16 à 18 ans placés en CEF - Centre Educatif Fermé (pour un placement ordonné par le magistrat dans le cadre d'un contrôle judiciaire, d’un sursis avec mise à l’épreuve, d’une libération conditionnelle ou d’un placement à l’extérieur), lui a permis de mettre en place 2 projets liant escrime, milieu judiciaire et réinsertion. Ces projets s’inscrivent  dans le cadre d’un dispositif complémentaire et intermédiaire ouvrant une autre voie parmi les deux solutions classiques : le placement et l'incarcération.

Le premier projet nommé  « psycho escrime », fut inspiré de la psychoboxe de Richard Hellbrunn et transposé à l'escrime.

Virginie, prévôt d’Etat a expérimenté cette technique, au CEF de Narbonne avec la collaboration du psychologue de la structure, Cela a d’ailleurs fait l'objet de son mémoire universitaire et professionnel. Les séances se sont déroulées à la salle d'escrime de Narbonne qui offrait un créneau spécialement pour cette initiative qui a été menée.

L'objectif de ce projet était de mettre l'adolescent en tant qu'acteur en position de réflexivité sur lui et plus particulièrement sur sa violence et son passage à l'acte. Les assauts et l'institution d'un rituel ont favorisé la mise en scène du corps. L'adolescent était alors amené à s'interroger sur ses réactions, ce qui les déclenchait pour pouvoir à terme, les maîtriser. Ce travail a donné la possibilité aux jeunes de s'exprimer et d'échanger avec le psychologue et l'éducateur ("psycho escrimeur") sur les enjeux des assauts en faisant des liens avec sa vie afin de mieux se connaître.

Cette expérimentation a permis un réel travail des mineurs y ayant participé, qu'ils ont ensuite pu poursuivre avec le psychologue. Un mineur qui par exemple, ne se préoccupait pas des autres et ne prêtait pas non plus attention à lui, la "psycho escrime" lui a donné la possibilité de prendre conscience de cette attitude en se retrouvant en position de "victime" et de prendre en compte l’existence de l'autre.

Un second projet proposait une confrontation amicale entre des mineurs placés et le personnel travaillant au CEF. 4 séances d’escrime ont été offertes dans le cadre du développement de l'escrime dans les Landes et à l'initiative de Mme Chantal Demayaux. Sur les différentes séances, le groupe de mineurs et éducateurs en service se sont initiés à l'épée avec l'apprentissage de quelques techniques. Le jour de la rencontre amicale, les mineurs et une partie de l'équipe pluridisciplinaire se sont affrontés, prenant du plaisir autour du sport, pendant une après-midi, où aucun débordement ne fut constaté. Ces moments ont ainsi valorisé les mineurs qui s’étaient impliqués en s’essayant dans une discipline qu’ils ne connaissaient pas ou peu, en respectant les codes qu'elle impose.

Les bilans des différents projets se sont toujours avérés positifs et ont permis la découverte du sport. En effet, nombreux ne s'attendaient pas à une telle dépense physique. Le fait d'avoir un masque un équipement et une arme génère différentes émotions auprès de ce public. D'ailleurs pour certains, il fut impossible de porter un tel équipement et les séances ont donc été adaptées avec une initiation à l'arbitrage. Point majeur car pour ces mineurs, la position d'arbitre renvoyait à la position du magistrat qui prend une décision sur laquelle on ne revient pas.

 

Deux belles initiatives partagées par Virginie Dias

 

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