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Découvrir l'escrime > Les différentes pratiques

L'Escrime pour qui ?

10/10/2013 Imprimer

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Antonio Di Ciolo est un des plus grands Maîtres d’armes d’Italie Il a formé plusieurs grands escrimeurs italiens qu’il a emmené jusqu’à la plus haute marche du podium : Alessandro Puccini (champion olympique individuel), Salvatore Sanzo (champion olympique par équipe, médaillé olympique individuel et recordman au fleuret masculin du nombre de victoires en coupe du monde), Simone Vanni au fleuret masculin, Illaria Bianco au sabre féminin et Francesco Martinelli à l’épée homme.

 

Antonio Di Ciolo a côtoyé ces athlètes dès leurs plus jeunes âges et les a vu évoluer, affirmer leur personnalité. Ce dernier a souvent fait la comparaison entre Salvatore Sanzo et Alessandro Puccini afin de démontrer son idéologie de l’escrime. Lorsque Salvatore Sanzo est arrivé pour la première fois à l’âge de 5 ans dans la salle d’armes du maître Di Ciolo, ce dernier était très fier et sûr de lui. Puccini, a lui aussi commencé l’escrime très jeune. C’était un enfant très timide et réservé. Lors de sa première séance, il se cachait derrière sa mère.

Cette différence de personnalité n’a pas empêché ces deux escrimeurs de devenir de grand champion. Lorsque Di Ciolo a vu Sanzo pour la première fois, il s’est dit « son jeu sera basé autour de son orgueil et de sa fierté ». Pour Puccini, il a utilisé sa timidité comme d’un avantage afin de construire un jeu basé sur la technique et les sensations.

 

Ces deux grands champions, formés par le même maître d’armes, ont eu des jeux totalement opposés, reflétant leurs personnalités. C’est pourquoi une question se pose : à quel type de personne l’escrime est-elle destinée ?

Nous avons posé la question à des personnes ayant des statuts et des profils totalement différents,  mais qui sont tous liés à l’escrime. Une question : l’escrime pour qui, plusieurs réponses !

                                                                                                               

Parent d’escrimeur :

 « C’est une discipline avec des maîtres d’armes, il s’agit d’un sport très structuré. On y apprend surtout le respect des autres, la réussite et l’échec individuel. C’est une bonne représentation de la vie, avec des règles à suivre, et des valeurs, comme par exemple le fait que le travail paie. On s’amuse aussi beaucoup à l’escrime ! Les pratiquants travaillent en s’amusant, ils développent le potentiel du travail structuré avec le jeu. »

 

Adulte loisirs :

 « L’escrime est selon moi ouvert à tout le monde. Dans mon groupe loisirs, on y trouve des hommes et des femmes, des ados et des adultes. J’ai même appris que dans d’autres clubs on trouvait des personnes de plus de 70 ans ! Lorsque je pratique l’escrime, je n’ai pas le sentiment que ma petite taille est un handicap, chaque physique y trouve ses avantages et ses inconvénients. . Ce groupe est aussi bien composé de débutants que de tireurs plus expérimentés.  L’ambiance du groupe est vraiment  sympa, tout le monde se sent le bienvenu. Je me suis fait beaucoup d’amis dans ce groupe. Chaque semaine je suis heureux de les retrouver. Au fil des séances une vraie complicité s’est installée entre les tireurs. Certains jours, le jeu laisse sa place à une petite compétition amicale. L’escrime est une bonne façon de m’entretenir physiquement chaque semaine. Ce qui travaille le plus ce sont les jambes. En sortant de l’entraînement, j’ai parfois les cuisses en feu ! »


Maitre Sylvain Privé. Maitre d’armes à Courbevoie :

« L'escrime, sport confidentiel, d'adresse physique et intellectuelle, est l'un des rares sports où tout le monde peut s'exprimer et se faire plaisir. Que l'on soit petit ou grand, valide ou non,  cette activité peut être adaptée pour que l'on puisse s'exprimer pleinement. Cela apporte de l'assurance, de la tonicité de la réflexion et de la ténacité. L'intelligent chétif peut s'en sortir même face à un molosse (l ‘allemand Peter Joppich malgré sa petite taille s'en sort très bien vu ses nombreux titres). C'est un état d'esprit : on ne pratique pas l'escrime on le vit. J'ai commencé l'escrime à 5 ans et demi et n'ai jamais voulu en sortir car je m'y suis tout de suite plu. C'est ce savant mélange d'échecs et de sport de combat qui m'a attiré et m'a donné l'envie d'enseigner. Ce qui me fait le plus plaisir c'est l'appropriation de ce que l'on apporte aux élèves et ce qu'ils en font après. Qu'ils soient athlètes de haut niveau ou débutant, la créativité est toujours présente. L'escrime s'adresse à toutes et à tous et facilite parfois l'intégration de certains. Il n'y a pas beaucoup d'activité ou le nombre d'enfant en douance (“enfants précoces") se sentent à l'aise, pourtant l'escrime en fait partie. »

 

Philippe, Omnès, Champion olympique :

« J’ai démarré l’escrime assez jeune à 6 ans par on pourrait dire "un pur hasard" je n’avais aucune motivation particulière, pas de fascination spécifique pour Zorro, aucun "antécédent familial" ! Je suis allé à l’escrime avec un ami pour m’inscrire à un sport, c’était surtout cela au départ, faire un sport ! Pour ma part, j’étais un enfant plutôt standard, pas apathique mais pas hyperactif non plus. Et puis je me suis engagé dans l’escrime, j’ai appris à m’investir, à travailler, à être rigoureux, volontaire et persistant. Tout cela n’est pas particulier à l’escrime mais dans ce sport, j’ai rencontré des gens biens, un milieu intéressant et riche humainement. Dans les clubs les maîtres d’armes s’investissent, ils donnent envie de partager, de participer. Dans cette discipline, l’encadrement est de qualité et il y a de vraies valeurs comme la courtoisie.  Je pense que tout le monde vraiment peut faire de l’escrime, il n’y a pas de profil particulier : enfant sage, enfant turbulent, homme ou femme, jeune ou plus âgé ! »

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