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Haut niveau > Nos champions

3 escrimeuses et 1 journée de la femme…

08/03/2013 Imprimer

 

JDF

Pour cette journée en l’honneur des femmes : Marie Chantal Demaille, une championne à la retraite aujourd’hui maître d’armes ; Léonore Perrus, une tireuse renommée en reconversion et Saoussen Boudiaf ; un diamant brut de l’escrime française ont accepté de répondre à nos questions.

 

Entretien.

 

Que pouvez-vous nous dire sur vous et l'escrime ?

Saoussen Boudiaf : Je pratique l’escrime depuis 8 ans, je suis juniors 3 et depuis 3 ans j’ai la chance de partir en coupe du monde. Mes premiers résultats sont arrivés l’année dernière.

Quand j’étais plus jeune je passais mes journées devant la TV, ma tante était contre, elle m’a donc demandé de chercher une activité physique à pratiquer, la salle d’escrime était à deux min de chez moi... Le haut niveau, on me la proposé je n’avais aucune raison de refuser.

 

Léonore Perrus : L'escrime, ça a été une évidence quand j'ai découvert ce sport à la télévision lors des Jeux d'Atlanta. 15 ans après, j'aime toujours autant cette discipline qui allie esthétique, tactique, sensations et combat. Au travers de ce sport j'ai vécu d'immenses joies, des sensations de plénitude intenses et j'ai fait de superbes rencontres. Les défaites m'ont également poussé chaque jour à me découvrir davantage et à remettre en question mes méthodes d'entraînement, mon engagement... L'impression de vivre en accéléré en somme ! Il manque certaines lignes à mes réalisations mais je sais le chemin parcouru et le dévouement à mon sport.

 

Marie-Chantal Demaille : J’ai commencé l’escrime sans avoir le choix dirais-je, mon père était maître d’armes, c’est lui qui m’a mis un fleuret à la main quand j’avais 13 ans. L’escrime est collée à ma vie. À l’époque, pour pouvoir faire du sport, de la musique, ou toute autre activité, il fallait avoir de bonne de notes à l‘école. J’y étais studieuse. À l’escrime, j’avais des qualités physiques qui me permettaient d’avoir un très bon niveau avec peu d’entraînements. J’alternais athlétisme et escrime, ce qui m’a d’ailleurs causé quelques soucis avec la fédération quand j’étais plus jeune... Je voulais pratiquer un sport dans lequel je me sentais bien. Je ne vivais pas pour le haut niveau. J’ai toujours organisé ma vie autour des entraînements, pas de la compétition. Ma carrière d’escrimeuse a aussi été marquée par une rencontre, celle d’un maître hongrois Nemeth qui m’a vite remarquée et poussée à me surpasser.

 

 

- Quels sont vos objectifs aujourd'hui ? 

 

S.B : Je viens de gagner les championnats d’Europe junior et je viens de faire 2ème par équipe, j’espère revenir avec deux médailles d’or aux mondes à Porec. Pour le reste on verra…

 

L.P : Après plus de 10 ans de haut niveau, j'aspire aujourd'hui à m'épanouir dans mon activité professionnelle, me former, développer mes compétences et relever de nouveaux challenges. Je souhaite aussi profiter du temps qui m'est désormais donné pour voir davantage mes proches et retrouver une vie culturelle, notamment autour de la musique. A terme, je souhaiterais également faire le lien avec les jeunes escrimeuses, pouvoir échanger avec elles et pourquoi pas transmettre un peu...

 

MC.D : J’ai besoin d’excellence, de projets pour me sentir bien. Une grande partie de ma vie est consacrée à mon travail. J’attends avec impatience la construction d’un complexe sportif à Monteux pour enfin pouvoir donner des leçons dans un endroit décent. Je me suis battue pour ce projet et je suis une vraie casse-pied en ce qui concerne sa construction, je veux le meilleur.

Je fais tout pour faire connaître l’escrime, j’enseigne d’ailleurs bénévolement. J’espère que nous serons beaucoup plus nombreux à la rentrée.

 

- Que pensez-vous de la journée de la femme ? Qu'attendez-vous de cette journée ? 

 

S.B : Je trouve que la journée de la femme est une journée plutôt dégradante, je ne comprends pas vraiment l’utilité de la journée, c’est comme si nous avions toujours quelque chose à prouver. Je n’attends rien de cette journée, pour moi le 8 mars reste une journée banale.

 

MC.D : La journée de la femme permet de sensibiliser l'opinion publique au regard de la condition féminine mais aussi favoriser les mouvements de femmes qui défendent la condition féminine à travers le monde. C’est une journée qui permet de rappeler les femmes exemplaires qui défendent des causes nationales, les femmes dont l'engagement politique forcent le respect et l'admiration, les femmes qui souffrent de déconsidération dans certains pays.

Il faut refuser tous les délits sur sa personne, continuer à considérer de mieux en mieux le travail d'une femme, respecter ses compétences.

Enfin, interdire la connotation péjorative et souvent sexuelle, ou les propos sexistes, au cours de commentaires sportifs télévisés.

 

L.P : Je suis désolée qu'une journée soit nécessaire pour mobiliser autour de l'égalité hommes-femmes mais force est de constater qu'il reste du chemin à parcourir pour que les femmes ne partent pas systématiquement avec un train de retard sur leurs homologues masculins. De nombreuses femmes ont encore le sentiment d'être moins légitimes que les hommes dans l'exercice de leur discipline ou de leur métier. Mes attentes sont donc plus tournées vers une prise de conscience et une évolution générale qu'uniquement sur la "journée de la femme".

 

- Que pensez-vous de votre place en tant que femme dans le monde du sport ? 

 

S.B : Je n’y ai jamais réellement pensé, le monde est fait ainsi, il y a des hommes et des femmes, je suis une femme je l’accepte volontiers, et pratique mon sport dans un milieu féminin.

 

L.P : La position de la femme dans le sport est loin d'être idéale. Grandes absentes tant dans les instances dirigeantes que parmi les techniciens, les femmes sont souvent observées dans leur sport sous le filtre de la pratique masculine. Le traitement médiatique "people" ou quasi inexistant des sportives n'arrange rien à cet état des choses. Par ailleurs, je regrette que de nombreuses adolescentes quittent la pratique sportive très jeunes, le sport étant un excellent moyen de prendre confiance et de s'émanciper.

 

MC.D : J’ai longtemps été reconnue en tant que cadre technique mais pas en tant que femme. Je pense que certains hommes sont agacés d’un niveau féminin mais pourquoi ? Tous les esprits grincheux je les ai laissé et les laisse toujours au bord de la route. Aujourd’hui, en compétition ou autre part, des gens viennent me saluer, il y a 20 ans, aucun ne se serait levé ! Je suis amusée de voir comment les mentalités ont tendance à changer.

 

 

- Le sport au féminin doit-il jouer sur la féminité ou rester neutre ? 

 

S.B : Je pense qu’il doit jouer sur la féminité car qu’on le veuille ou non, nous sommes différentes des hommes alors autant l’accepter.

 

L.P : Au final peu importe tant que chaque sportive est en accord avec son environnement d'entraînement et de compétition. Si une sportive souhaite porter une jupe, je n'y vois aucun problème si elle n'y est pas contrainte en raison d'arguments médiatiques fumeux. En revanche je refuse que l'on justifie l'utilisation ou l'affichage du corps de la femme pour un supposé attrait médiatique. Il y a bien d'autres qualités à valoriser dans le sport féminin.

 

MC.D : Je pense que les codes sont imprimés dans la têtes des gens : les femmes se coquètent, se maquillent, se parfument etc... Les filles peuvent en profiter, ce que je n’aime pas c’est l’exhibition, la provocation, trop c’est trop. Essayons d’être à nos places de femmes en tant que femmes par rapport aux femmes. Il faut être dans la fraîcheur.

 

 

- Quelle est votre modèle féminin ? Pourquoi ? 

 

S.B : Sans aucun doute la femme que j’admire le plus c’est ma grand mère c’est une femme extraordinaire. Elle a tout fait pour ses petits enfants j’aimerai un jour lui ressembler

 

L.P : Ma maman bien sûr ! Elle a su concilier une vie professionnelle de haut niveau et une vie personnelle équilibrée. Sensible à la place de la femme dans notre société, elle ne m'en voudra pas si j'indique que, malgré cet engagement, j'étais quand même plus souvent sollicitée à la cuisine que mon cher frère ;-) Certaines habitudes ont la vie dure !

 

MC.D : Je ne donnerai pas de nom, mais plus une discipline : la Gymnastique Rythmique et Sportive. Ces gymnastes me soulèvent d’émotions, elles dégagent de la grâce, de la beauté. On peut difficilement faire mieux dans la représentation des exploits féminins. Il faut montrer l’exemplarité de ces femmes, leurs forces morales et physiques.

 

 

- Que peut-on vous souhaiter pour la suite ? 

 

S.B : Souhaitez moi de ramener deux médailles d’or et à plus long terme d’être un jour championne olympique !

 

L.P : Autant de bonheur dans ma vie future que celui que j'ai eu à pratiquer l'escrime !

 

MC.D : Une très bonne santé ! Mais aussi voir l’aboutissement de mon projet, le complexe sportif de Monteux et le transmettre à un maître d’armes digne de tenir cette responsabilité.

Voyager me manque, j’ai toujours adoré découvrir, regarder, sentir...

Enfin, vivre plus calmement et profiter des bons moments entre amis plus longuement.

 

Merci à nos 3 escrimeuses de s’être prêtées au jeu !

 

 

Et de nombreuses autres escrimeuses...

Pour cette journée spéciale en l’honneur de la femme, la FFE a fait une petite sélection des françaises qui ont marqué l’histoire de notre sport : 

 

 


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Trinquet-Hachin Pascale(France) née le 11 août 1956 à Marseille

Cette pharmacienne est championne Olympique de Fleuret individuel et par équipe en 1980 à Moscou ; elle est la première française championne olympique en individuel. Discrète chez les juniors, elle se montra beaucoup plus volontaire chez les seniors : 4e aux Mondiaux de 1978, championne du Monde Universitaire en 79.

 

 

 

 

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Valérie Barlois, née le 28 mai 1969 à Melun 

Après avoir obtenu des médailles d'argent par équipes aux championnats du monde 1991 et 1995, elle participe  aux Jeux olympiques de 1996 où elle remporte une médaille d’argent en individuel et une médaille d’or par  équipes. Elle remporte un titre mondial par équipes en 1998 et une médaille de bronze en 1997.

 

 

 

 

 

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 Flessel - Colovic Laura (France) née le 6 novembre 1971 à Pointe à Pitre en Guadeloupe

 Alliance de la beauté et du talent, unissant travail et volonté, notre épéiste gauchère surnommée « la guêpe »,  est la figure emblématique de l’escrime française sinon du sport français. Notre Athéna moderne est une  Pointoise d’origine mais une pointeuse de qualité : elle commence l’escrime à 6 ans. Accumulant titres et  podiums, elle est la seule femme de l’histoire de l’escrime à avoir remporté tous les titres individuels et  collectifs : championne de France (12 titres de championne de France en individuels et par équipes), d’Europe  en 2007, du Monde (13 podiums dont 2 titres individuels en 1998 et 1999, et 4 titres collectifs en 1998, 2005,  2007 et 2008. Argentée en 1995, 2001 et 2006) et Olympique (2 titres en 96, argentée en 2004 et 2 fois

bronzée en 2000 et 2004), 3 fois vainqueur(e) de la coupe du Monde. Elle détient le record de victoires en tournois de coupe du Monde avec 21 victoires.

Porte drapeau de l’équipe française aux J.O. de Londres, elle ne termine pas sa dernière compétition sur le podium mais à la première place dans nos cœurs.

 

 

 

 

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Anne-Lise Touya (France) née le 19 octobre 1981 à Tarbes 

Cette sabreuse française est la plus médaillée des sabreuses françaises. Benjamine d’une fratrie d’escrimeurs,  elle faillit ne pas faire de sport du fait d’une malformation aortique.

En 2001, après deux coupes du monde gagnées, elle remporte le titre mondial individuel à Nîmes. Elle  récidivera 4 ans plus tard à Leipzig en 2005 avant de remporter le titre par équipes en 2006 en battant les  Etats-Unis en finale. En 2007 à Saint Petersbourg, elle emmène son équipe jusqu’à l’or. C’est un total de 8  médailles qu’elle glanera aux mondiaux puisque à ces 4 médailles d’or il faut ajouter l’argent par équipe en  1999 et 3 de bronze par équipe (2004 et 2000) et en individuels en 2000. Aux championnats d’Europe, elle  gagnera 6 médailles dont 3 d’or (1 individuelle et 2 équipes), 2 d’argent et 1 de bronze par équipes.

 

 



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 Nissima Maureen,(France) née le 30 juillet 1981 à Bondy

Cette épéiste française aux surnoms de Moustique et Pimousse a été formée dès 1988 à Aulnay avec le  Maître André Ignace puis au Levallois Sporting Club avec Hugues Obry.

Double médaillée de bronze olympique en 2004 elle remporte trois titres mondiaux lors des compétitions par équipes (2005, 2007 et 2008) avant de remporter le titre de championne du monde en individuel lors du mondial 2010 à Paris. Vice championne du Monde individuelle en 2003 et par équipes en 2006, elle est championne d’Europe individuelle en 2002 et 3e en 2007. Championne de France 2001 et 2004.

 

 

 

(Textes biographiques Gérard Six)

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