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2020-04-08 - Interviews / Fédération / Vie des clubs / Escrime Santé / Vie des comités


3 questions à ... Dominique Hornus, présidente de la commission médicale

Dominique Hornus est présidente de la commission médicale de la fédération, fondatrice de l'association Solution Riposte et anesthésiste-animateur. 

  • Quelle est la situation là où vous trouvez ? Comment agissez-vous sur le terrain ?

En Occitanie, au point du 29 mars, 60 patients atteints du COVID-19 étaient hospitalisés en réanimation. Nous ne sommes donc pas la région la plus touchée mais le nombre de patients hospitalisés évolue très vite. La clinique dans laquelle j’exerce, sans service d’urgence ni de réanimation, n’est pas en première ligne pour recevoir les patients atteints de COVID-19. Nous prenons en revanche les patients qui nécessitent une intervention urgente en chirurgie plastique (brûlés hors réanimation, plaies importantes), en chirurgie maxillo-faciale (traumatismes de la face), en traumatologie adulte et enfant. Le but est de soulager les services d’urgence hospitaliers et les cliniques privées qui ont un service d’urgence et qui participent à la crise en charge du COVID. Cependant, certains de mes jeunes associés commencent à être sollicités pour prêter main forte dans les services de réanimation des hôpitaux périphériques. Il y a d’autres régions de France, en particulier le Grand Est et l’Ile de France qui ont pris en charge de nombreux patients atteints de coronavirus et je suis régulièrement en contact avec deux médecins de la fédération exerçant dans la région Grand Est.

Plusieurs médecins de comités régionaux sont médecins généralistes ou praticiens hospitaliers. Certains sont de plus gériatres et donc confrontés aux plus fragiles. Ils agissent dans ce cadre-là vis-à-vis de leurs patients. Je leur rend hommage car ils sont en première ligne. Hommage aussi à tous les soignants escrimeurs qui s’investissent dans nos clubs, infirmiers, aide-soignants, agents de service, kinésithérapeutes, pharmaciens, personnes d’accueil des structures de soins. Ils savent ce qu’est le combat et ils le prouvent dans ce contexte.

  • Quelles ont été les décisions prises par la fédération ?

Il y a eu de nombreuses décisions prises par la fédération au fil du temps et motivées par les contacts étroits des médecins exerçant dans le Grand Est et la commission médicale nationale. Toutes ces décisions ont été prises conjointement par la présidence, la DTN et la commission médicale dans le respect de chacun et dans la transparence. La première décision a été de ne pas envoyer à Porec en Croatie les 12 escrimeurs et leurs cadres qui devaient partir pour les dernières épreuves des championnats d’Europe M20. Nous avons auparavant demandé conseil à un infectiologue parisien et à un médecin du SAMU. Ces deux experts n’ont, bien sûr, pas pris la décision eux-mêmes mais ils nous ont donné un état de la situation internationale, ce qui a guidé notre réflexion. Notre souci a été le passage par Venise des premiers compétiteurs, avec pour certains un voyage en train vers Trieste et donc un possible contact avec le coronavirus. Nous avons désiré protéger ceux qui n’étaient pas encore partis, d’autant qu’ils étaient déjà sélectionnés pour les championnats du monde. C'était une décision très difficile à prendre.

Une autre décision a été, au moment où les premiers cas étaient décrits à Pékin, de refuser la venue de deux équipes nationales chinoises à l’INSEP. Ces équipes avaient prévu de venir s’entrainer avec les équipes de France après la coupe du monde de Turin en Italie.

Enfin, après la coupe du monde d’épée de Budapest, nous avons reçu un message de la F.I.E. nous indiquant que trois épéistes coréennes avaient été positives au COVID-19. La commission médicale s’est immédiatement mise en contact avec les athlètes, les entraineurs et le staff. Plusieurs ont présenté des signes compatibles avec un infection par coronavirus. Tous vont bien. Les tests n’ont pas été effectués car ce message est arrivé au 11ème jour après leur retour (la phase d’incubation est classiquement de 5 à 7 jours) et qu’en France, les tests, en nombres insuffisants, sont réservés aux patients présentant des signes. Nous continuons à garder le contact avec ces athlètes et leurs encadrants.

  • Quel message souhaiteriez-vous passer aux personnes actuellement confinées chez elles ?

Les messages que nous tenons à faire passer, c’est : respectez scrupuleusement le confinement, respectez les règles de distanciation sociale, ne soyez pas en contact avec les plus vulnérables (parents, grand-parents). Ce qui ne vous empêche pas de les aider pour leurs courses, de les appeler pour prendre de leurs nouvelles. Surveillez votre poids et votre alimentation, conservez une activité physique quotidienne. Certains maîtres ont mis en ligne des exercices ludiques, merci à eux pour cette initiative solidaire. Sachez enfin que la commission médicale reste à votre entière disposition.

La Fédération française d'escrime remercie et soutient l'ensemble du personnel soignant qui intervient auprès des patients et des personnes les plus vulnérables, ainsi que toutes les personnes mobilisées d'une manière ou d'autre dans la lutte contre le COVID-19.



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