christian d'oriola

Désigné escrimeur du XXème Siècle par la Fédération internationale d’escrime, Christian d’Oriola est aujourd’hui le seul triple champion olympique consécutif de l’histoire du sport français. Londres 1948, Helsinki 1952 et Melbourne 1956 l’ont vu monter sur la plus haute marche du podium, par équipes d’abord, à titre individuel ensuite. Cas unique pour un athlète tricolore, il conserve ses titres olympiques par équipes en 1952 et individuels en 1956.

Ce gaucher génial, attaquant-né, donne l’impression d’avoir un fleuret en guise de main. Doté d’une détente et d’une souplesse extraordinaire, il est capable en se fendant de faire le grand écart. Son allongement est phénoménal et ses attaques si vives que ses rivaux sont touchés avant même d’avoir esquissé la moindre parade. En 1947, il triomphe aux mondiaux de Lisbonne après avoir gagné les sept assauts de la finale. Il n’a pas encore vingt ans et devient un favori olympique en puissance pour les Jeux de Londres 1948.

Sur les bords de la Tamise, ce joyeux luron au sourire malicieux et pince-sans-rire affirme sa grande maturité. Décontracté malgré l’importance de l’enjeu, il prend une part active au succès de l’équipe de France. La finale individuelle l’oppose à son aîné Jehan Buhan. Le duel de générations tourne en faveur de ce dernier. Certains suspectent Christian d’Oriola d’avoir, par respect pour son camarade, laissé la victoire à l’austère Girondin. Imperturbable, il affirme : « Je n’ai jamais donné de match, j’ai tiré comme d’habitude. » Une manière élégante et sportive de reconnaître les mérites de son vainqueur.

A Helsinki en 1952, en état de grâce, il prend une part active dans la victoire de son équipe, gagnant haut la main ses quatre assauts 5-0, 5-0, 5-1, 5-2 : « J’ai abordé l’épreuve individuelle en étant sûr de ma victoire. » C’est le doublé ! Parallèlement, il cumule les titres mondiaux individuels en 1949, 1953 et 1954.

Rien ne lui fait peur, pas même l’apparition du fleuret électrique. Il proteste vigoureusement contre cette innovation. Mais, pour mieux apprivoiser l’évolution de son arme et surprendre ses rivaux aux Jeux de Melbourne en 1956, il modifie, dans le plus grand secret, sa technique et son jeu fondé sur l’instinct. En Australie, « le maître reste le maître ». Il conserve sa couronne individuelle et confirme son exceptionnel talet. On le voit une fois encore aux Jeux de Rome en 1960 où, suprême honneur rendu à ses immenses mérites, il défile comme porte-drapeau de la délégation française.

(biographie issue de "Les héros olympiques français" Henri Charpentier - Solar éditions)

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palmarès

INDIVIDUEL

  • Champion Olympique 1952 et 1956
  • Vice champion Olympique 1948
  • Champion du monde 1947, 1949, 1953, 1954
  • Vice champion du monde 1955
  • Vainqueur des Jeux méditerranéens 1951, 1955
  • Champion de France 1948, 1953, 1957

PAR ÉQUIPES

  • Champion Olympique 1948, 1952
  • Vice champion Olympique 1956
  • Champion du monde 1947, 1951, 1953, 1958
  • Vice champion du monde 1949, 1954, 1957
  • Vainqueur des Jeux méditerranéens 1955
  • Médaillé d'argent aux Jeux méditerraéens 1951