jean-françois lamour

Est-ce un trucage, un numéro de music-hall ou la conséquence d’un extravagant pari ? Deux nageurs en maillot de bain croisent le fer dans le fond d’une piscine. De leur bouche et de leurs narines s’échappent des chapelets de bulles. Dans leurs mains ils tiennent un sabre avec lequel ils découpent des tranches d’eau. Ces assauts aquatiques insensés se déroulent à Font-Romeu à 1800m d’altitude. Les escrimeurs tricolores sont en stage intensif pour préparer les Jeux de Séoul. Sous l’eau, Jean-François Lamour, champion Olympique en 1984 à Los Angeles, peaufine sa technique avec son équipier Pierre Guichot.

Ils apprennent à bloquer leur respiration pendant l’effort. L’apnée dure à peine une minute. C’est une nouvelle méthode pour maîtrise les réactions du corps dans un milieu hostile. Elle permet d’une part une amélioration du contrôle des attaques et des parades, d’autre part de limiter les gestes et de développer la résistance à l’effort. Le procédé est insolite mais Lamour devient champion du monde à Lausanne le 21 juillet 1987.

A Seoul en 1988, quatre mois après avoir dominé le Masters, sous les voûtes de l’Olympic Park, il réalise un festival et sort le grand jeu face au Polonais Janusz Olech. Riposte, parade en quarte et touche à la tête : en quarante-trois secondes, Jeff, éblouissant, touche cinq fois. Il clôt le duel sur une ultime riposte 10-4. Jean-François Lamour est à nouveau champion Olympique. Sa victoire, il la doit aussi à son entraîneur, le Hongrois Lazslo Szepesi. Il a transformé le sabreur défensif, adepte des parades-ripostes et des contre-attaques, en un attaquant fougueux et déterminé. « C’est bien le Pingouin ! » commente son vieux maître Auguste Parent avec lequel il a débuté l’escrime à sept ans dans sa salle d’armes de Maisons-Alfort.

A la fin de sa carrière en 1992, et deux médailles supplémentaires de bronze conquises à Barcelone, Jean-François exerce la profession de kinésithérapeute et rejoint Jacques Chirac à la mairie de Paris comme conseiller aux Sports. Un an plus tard, il le suit à l’Élysée aux mêmes fonctions avant de devenir ministre des Sports en 2002, puis ministre de la Jeunesse et des Sports et de la Vie Associative jusqu’en 2007.

Pendant cette période il s’est surtout engagé dans la lutte contre le dopage, contre la pratique des sports violents, l’accompagnement de la vie associative et la rénovation de l’INSEP.

(biographie issue de "Les héros olympiques français" Henri Charpentier - Solar éditions)

 

 

 

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palmarès

INDIVIDUEL

  • Champion Olympique 1984, 1988
  • Médaillé de bronze aux Jeux Olympiques 1992
  • Champion du monde 1987
  • Médaillé d'argent aux Jeux méditérranéens 1983
  • Vainqueur du Master de sabre 1988
  • Champion de France 1977, 1978, 1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1987, 1988, 1989, 1991 et 1992

PAR ÉQUIPES

  • Vice champion Olympique 1984
  • Médaillé de bronze aux Jeux Olympiques 1992
  • Médaillé de bronze aux Championnats du monde 1987, 1989

(photo : Jean-Marc Loubat / Agence Vandystadt)