laura flessel-colovic

Sur la piste, cette « féline explosive » est une combattante déterminée, prête à tout pour lire le jeu de sa rivale et réduire à néant ses attaques. On la surnomme « la guêpe » car elle bondit soudainement pour « piquer », à la vitesse de l’éclair, là où on ne l’attend pas. Son imparable « botte secrète » est la touche au pied, celui d’appui de préférence, de celle qu’elle hypnotise.

Depuis l’âge de six ans, Laura Flessel, grande timide de naissance, a trouvé dans la pratique de l’escrime le moyen de vaincre ses complexes. A l’abri de son masque, elle domine ses angoisses. Derrière ce camouflage provisoire, elle cache ses émotions, dissimule son manque d’assurance. Elle a choisi l’épée car cette arme correspond à son caractère impulsif. Elle aime les assauts fulgurants qui traduisent sa volonté farouche à toucher de manière rapide, nette et précise, sans laisser le temps à son adversaire de riposter.

Elle veut toujours que sa touche, franche et pure, ne soulève aucune polémique. La diabolique finesse de son escrime éclate aux championnats du monde 1995.

A vingt-quatre ans, la belle et discrète guadeloupéenne se révèle sur la piste de La Haye avec le bronze individuel et l’argent par équipes. Laura est sélectionnée d’office pour les Jeux d’Atlanta 1996 où l’épée apparaît aux compétitions olympiques. En pleine forme, concentrée à l’extrême, elle marque les esprits en « balayant » en demi-finale la redoutable hongroise, vise championne du monde, Györgyi Szalay. Opposée en finale à sa compatriote Valérie Barlois dont elle connaît par cœur points forts et faiblesses, Laura Flessel, sur un rythme infernal, déborde Valérie et s’assure de la victoire 15 à 10 sans jamais avoir été menacée. Elle est championne Olympique et cueille sa deuxième médaille d’or quelques jours plus tard quand le trio avec Valérie Barlois et Sophie Moressée-Pichot réalise un festival par équipes face aux italiennes en finale.

En 1998 et 1999, sa domination se concrétise par deux titres mondiaux consécutifs. En 2000, aux Jeux de Sydney, malgré une élimination en demi-finale face à la future gagnante, la hongroise Time Nagy, elle récupère une belle médaille de bronze. A Athènes en 2004, les deux athlètes se retrouvent en finale du tournoi Olympique. Il n’y a pas de miracle, Laura s’incline à nouveau. Avec cinq médailles olympiques dont deux en or, treize mondiales dont six titres et quatre européennes dont un titre, Laura Flessel tire sa révérence aux Jeux de Londres avec l’honneur, en tant que porte drapeau, de mener la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture.

(biographie issue de "Les héros olympiques français" Henri Charpentier - Solar éditions)

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palmarès

INDIVIDUEL

  • Championne Olympique 1996
  • Vice championne Olympique 2004
  • Médaillée de bronze aux Jeux Olympiques 2000
  • Championne du monde 1998, 1999
  • Vice championne du monde 2001
  • Médaillée de bronze aux championnats du monde 1995, 2005, 2006
  • Championne d'Europe 2007
  • Médaillée de bronze aux championnats d'Europe 2009, 2010
  • Vainqueure du classement de la coupe du monde FIE 2002, 2003, 2004
  • Championne de France 1998, 2000, 2002, 2003, 2007, 2008

PAR ÉQUIPES

  • Championne Olympique 1996
  • Médaillée de bronze aux Jeux Olympiques 2004
  • Championne du monde 1998, 2005, 2007, 2008
  • Vice championne du monde 1995, 2006
  • Médaillée de bronze aux championnats du monde 1997
  • Médaillée de bronze aux championnats d'Europe 2007, 2010, 2011

(photo : Agence Vandystadt)