philippe omnès

Mardi 17 octobre 1989 : Philippe Omnès s’entraîne à l’INSEP. Son partenaire part en flèche quand soudain la lame de son fleuret se brise. Dans sa tentative de parade, Philippe lève la tête. La bavette de son masque, protection souple, se soulève. La lame pénètre dans le cou et perfore la veine jugulaire. Fort heureusement, la carotide n’est pas touchée. Opéré en urgence, il est sauvé. Trois semaine plus tard, Philippe Omnès reprend courageusement le chemin de la salle, sans trop d’appréhension, avec un souvenir visible, un imposante cicatrice.

A l’époque de l’accident, quatre fois champion de France, il est l’incontestable pilier de la formation tricolore. En juin, il a raté d’une touche le titre mondial à Denver, dans le Colorado. Avec une certaine impatience, il attend maintenant la consécration individuelle. Sa médaille de bronze olympique par équipes aux Jeux de Los Angeles en 1984 avec Marc Cerboni, Patrick Groc, Pascal Jolyot et Frédéric Pietruszka, ne lui suffit pas. Ce gaucher adroit, au style élégant, saisit pleinement sa chance aux championnats du monde de Lyon, le 7 juillet 1990.

Son escrime conquérante s’impose magistralement en trois manche face au tenant du titre, l’Italien Andrea Borella. A trente ans, Philippe vise un ultime défi sportif : Barcelone 1992. Un sixième titre de champion de France, obtenu avant son départ pour l’Espagne, le rassure sur sa compétitivité. Le 31 juillet 1992 au palais de la Métallurgie, il accède au tableau final dont sont privés les champions olympiques italiens Numa et Cerioni. La voie semble libre pour l’exploit.

Le Parisien, en pleine euphorie, saisit sa chance face au fantasque et imprévisible Sergueï Goloubitski. Dans la troisième manche, décisive, Philippe ajuste avec finesse sa botte secrète : une magnifique attaque en ligne haute. En pleine extension, tel un ressort, il se détend et surprend la vigilance de l’Ukrainien : la touche est nette. 6-5, 5-3, 5-2. IL est champion Olympique de fleuret trente-six ans après son illustre aîné Christian d’Oriola, dont l’attaque était, comme pour Philippe Omnès, la meilleure des défenses.

(biographie issue de "Les héros olympiques français" Henri Charpentier - Solar éditions)

image droite

palmarès

INDIVIDUEL

  • Champion Olympique en individuel 1992
  • Champion du monde 1990
  • Vice champion du monde 1989
  • Médaillé de bronze aux championnats du monde 1991, 1993
  • Vainqueur du Challenge International de Paris 1986, 1989, 1994
  • Médaillé d'argent aux Jeux méditerranéens en 1991
  • Champion de France en 1982, 1984, 1985, 1987, 1991, 1992, 1993

PAR ÉQUIPES

  • Médaillé de bronze aux Jeux Olympiques 1984
  • Vice champion du monde 1982, 1987
  • Médaillé de bronze aux championnats du monde 1989, 1991