escrime et cancer du sein

Depuis 2011, sous l’impulsion du Dr Dominique Hornus-Dragne, anesthésiste et escrimeuse à Toulouse, la Fédération Française d’Escrime a développé un programme autour de la pratique post cancer du sein. Aujourd’hui 30 maîtres d’armes sont formés par an et plus d’un tiers des clubs en France sont organisés pour recevoir ces femmes en quête d’autonomie via la remise en forme (dépense énergétique sans danger) et la resocialisation par la pratique d’un sport facile à apprendre et amusant.

« En pratique, la chirurgie suite à un cancer du sein entrave la mobilité́ du bras, empêchant la réalisation de certains gestes simples de la vie quotidienne. De plus la posture d'une femme, après une mastectomie, est modifiée. Et enfin, un cancer du sein induit un impact psychologique beaucoup plus important que d'autres cancers. »
Dr Dominique Hornus-Dragne (Présidente de l’association Solution-Riposte).

 

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pourquoi l'escrime plus qu'un autre sport ?

L’Escrime permet aux femmes de se reconstruire physiquement après l’opération, retrouver de la mobilité d’épaule. Des vertus ont été démontrées pour combattre les troubles du sommeil, la douleur, les troubles de la concentration. Pour le Dr Dominique Hornus-Dragne : « l'escrime implique une mobilisation inconsciente de l'épaule armée. La position de garde permet de rétablir la posture de la personne. Ce sport octroie également des bénéfices en termes d'équilibre. Il s'agit d'une discipline qui requiert un habillement, ce qui est très important pour les femmes qui viennent de subir une mastectomie. Enfin, l'escrime est un sport de combat, qui suppose de répondre à une attaque par une parade suivie d'une riposte. »

  • La tenue d'escrime, identique pour toutes et couvrant tout le corps, ménage la pudeur des femmes marquées par les points de radiothérapie ou le port-à-cath, situé dans une partie du corps découverte en tenue échancrée.
  • La garde, remarquable position dʼouverture, corrige une attitude souvent fermée après la chirurgie et améliore la posture toujours modifiée après ablation dʼun sein.
  • La cible précise que représente lʼadversaire, touché après une attaque ou une riposte, motive lʼenvie de se battre et de gagner.
  • La coordination nécessaire dans la marche et la fente restitue la conscience dʼun buste souvent nié.
  • L’amplitude du geste inconscient, éduqué par le maître dʼarmes, poussant les parades de plus en plus loin et de plus en plus haut, mobilise épaule et bras enraidis par les cicatrices. La venue dans une salle dʼarmes lutte contre le sentiment de solitude et la désocialisation liée aux traitements complémentaires, chimiothérapie et radiothérapie.
  • L’élégance de lʼescrime revalorise une image de soi perturbée et permet la découverte dʼune activité ludique associée à une défense énergétique conséquente.